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PARIS (AFP) - Les socialistes tiraient samedi un bilan positif du dialogue télévisé de Ségolène Royal avec François Bayrou, estimant que Nicolas Sarkozy, leur adversaire pour le second tour, était le "perdant" de l'opération engagée par la candidate socialiste pour rassembler en vue de gagner le 6 mai.
Alors que certaines déclarations de Mme Royal pour séduire les électeurs centristes avaient provoqué de vives tensions internes au cours de la semaine, l'unanimité était de mise pour se réjouir qu'elle ne soit pas entrée dans un marchandage avec le président de l'UDF autour de son "pacte présidentiel". "C'était serein et en même temps sans concession", selon Elisabeth Guigou."Les présents ont tiré avantage de ce dialogue. L'absent aura été le seul perdant", a affirmé le premier secrétaire François Hollande, désignant Nicolas Sarkozy. Très proche de Mme Royal, Julien Dray a vu dans le débat avec M. Bayrou "un booster considérable pour la dernière semaine", alors que "l'énervement" domine, selon lui, chez le candidat UMP.
"Les petites combines un samedi matin dans un hôtel parisien, ce n'est pas de la République irréprochable", a déclaré M. Sarkozy, en déplacement à Valenciennes avec Jean-Louis Borloo. Chef de file des députés UMP, Bernard Accoyer a dénoncé un "exercice de politique spectacle, de connivence et de faux semblants".
Le sénateur PS Jean-Luc Mélenchon, qui s'était élevé contre toute alliance avec le centre pour gouverner, a estimé que Nicolas Sarkozy "perd la main sur tous les plans et se fait marginaliser". Selon le fabiusien Claude Bartolone, "Bayrou a donné un coup de main formidable à Ségolène Royal en appuyant sur le côté autoritaire et menaçant" de M. Sarkozy.
Pour François Hollande, "le mépris déplacé" exprimé par M. Sarkozy ne peut que le desservir. "Il est dans une démarche politique traditionnelle : exclusives, intimidations et débauchages individuels", a ajouté le numéro un socialiste. Le candidat UMP "a montré sa vraie nature, toute sa morgue", selon le député strauss-kahnien Jean-Marie Le Guen.
Les responsables socialistes étaient aussi soulagés que leur porte-drapeau n'ait pas évoqué la participation de ministres UDF à son gouvernement en cas de victoire, comme elle l'avait fait deux fois cette semaine.
La crainte d'une alliance avec le centre avait conduit la veille Henri Emmanuelli, figure de la gauche du PS, à appeler à un dépassement du PS pour créer "un grand parti progressiste" regroupant "les antilibéraux et les réformistes de gauche".
"Elle a clos l'épisode, évité le piège de la confusion, est revenue aux fondamentaux de son pacte, a tenu bon sur ses valeurs économiques et sociales", s'est félicité M. Bartolone.
Julien Dray a pronostiqué un apaisement sur cette question sensible des relations avec les centristes. "Ceux qui auraient voulu mener des procès en sorcellerie sur ce thème en seront pour leurs frais", a-t-il dit. D'ailleurs, M. Mélenchon a estimé que Mme Royal avait démontré "qu'elle avait raison de vouloir ce débat avec François Bayrou".
Samedi 28 avril
Dimanche 29 avril
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PARIS (AFP) - Le feuilleton à rebondissements du débat Royal/Bayrou a trouvé son épilogue avec l'annonce de son organisation samedi par la télévision BFM TV et la radio RMC, Canal+ un temps pressenti ayant jeté l'éponge sur fond d'accusations de pressions.
BFM TV -diffusée gratuitement sur la télévision numérique terrestre - et RMC (groupe NextRadio TV) ont annoncé vendredi avoir proposé à Ségolène Royal et François Bayrou "qui avaient fait connaître leur désir de débattre à la télévision, d'organiser, de produire et de diffuser ce débat". Et avoir eu leur accord.
D'une durée de 80 minutes, il sera animé par quatre journalistes, Ruth Elkrief et Olivier Mazerolle pour BFMTV, Jean-Jacques Bourdin pour RMC ainsi que Dominique de Montvallon pour Le Parisien/Aujourd’hui en France "partenaire de l’événement", a précisé BFM TV vendredi soir.
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C'est donc une chaîne d'info en continu récente et encore relativement confidentielle -- lancée fin 2005, BFM TV a vu sa part d'audience passer de 0,5% à 0,7% en un an -- qui rafle la mise, après tout le battage suscité par les difficultés pour organiser le débat.
Sur Canal+, le projet avait échoué, selon la chaîne cryptée, en raison des règles d'égalité de temps de parole entre les deux candidats du second tour et du refus de l'UMP de répondre aux propositions de compensation lancées par la chaîne cryptée.Ségolène Royal comme François Bayrou avaient vu pour leur part dans le retrait de Canal+ le résultat de pressions de la part de Nicolas Sarkozy, opposé au débat entre la candidate socialiste et le président de l'UDF, et accusé par ce dernier de pratiquer "intimidation et menace". Canal a nié l'existence de telles pressions.
D'après les règles édictées par le Conseil supérieur de l'audiovisuel, depuis le 9 avril jusqu'au 6 mai prévaut le principe d'une égalité stricte et aux mêmes horaires pour les deux candidats. Cette égalité doit être respectée à la télévision et à la radio, la presse écrite n'étant évidemment pas soumise à ces règles.
Vendredi matin, Rodolphe Belmer, le directeur général délégué de la chaîne assurait que des invitations avaient été adressées à l'UMP mais qu'elles étaient "restées pour l'instant sans suite". Ce silence de l'UMP sabordait d'office le débat aux yeux de Canal+, qui se retranchait derrière les règles du CSA.
Mais le CSA, sollicité le lendemain par le groupe NextRadio TV, a précisé qu'un débat Royal-Bayrou "relevait de la pleine responsabilité éditoriale" de la chaîne qui l'organise. Si une compensation en temps de parole au profit du candidat UMP Nicolas Sarkozy est nécessaire, elle "n'implique pas nécessairement l'organisation d'un autre débat" selon la Haute autorité.
"Les modalités du rééquilibrage (déclarations, interview, reprise de propos tenus dans un meeting...) relèvent de l'appréciation de la chaîne", poursuit le CSA.
Concernant les interventions de François Bayrou, le CSA a relevé qu'"à ce jour", M. Bayrou "n'a rendu publique aucune prise de position pouvant s'analyser comme un soutien explicite à un candidat. Il n'y a donc pas lieu de prendre en compte ses interventions". Celles-ci ne seraient comptabilisées que s'il exprimait un soutien explicite à l'un des candidats présents au second tour au cours du débat
Quitterie Delmas, citoyenne engagée et bloggeuse
http://lesjeuneslibres.hautetfort.com/
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